Avancées majeures dans la gestion du Grand Cormoran en Wallonie et en Europe

04 février 2026


Un an après la première convocation du GTOP (Groupe de Travail sur les Oiseaux Piscivores), des progrès significatifs ont été réalisés pour concilier protection des milieux aquatiques et gestion des populations de Grand Cormoran, malgré un contexte complexe.

Voici les principales avancées à retenir :

Dérogations cormoran : un dispositif qui se consolide

Les échanges entre Fédérations et autorités ont permis de maintenir et d'étendre les dérogations pour effaroucher et procéder au tir létal de cormorans en vue de protéger les populations piscicoles sensibles, malgré des ajustements de quotas ou de secteurs. Si certains territoires ont vu leurs autorisations réduites, le principe même des dérogations reste acquis et opérationnel. L’objectif est désormais d’élargir ce dispositif aux sous-bassins intéressés pour la campagne 2026-2027, afin d’harmoniser les mesures à l’échelle wallonne.

Un plan-cadre européen officiellement déposé

Une étape clé a été franchie début décembre avec le dépôt officiel du plan-cadre de gestion du Grand Cormoran par l’EIFAAC (Commission européenne consultative pour la pêche en eau douce) auprès du Parlement européen, des États membres et des administrations compétentes. Ce document a également été transmis à la Représentation belge auprès de l’UE en la personne de Mme Veerle Campens.

Pour renforcer cette dynamique, la Maison wallonne de la Pêche a proposé d’interpeller les députés wallons au Parlement européen afin de relayer les attentes des Fédérations et la nécessité d’une solution durable face à l’expansion démographique du cormoran.

Les Fédérations de pêche bénéficient d’une légitimité renforcée dans le processus décisionnel wallon. La Direction de la Nature a confirmé, lors d’un groupe de travail sur les procédures administratives liées aux oiseaux piscivores, que les demandes de dérogation portées par les fédérations, avec l’appui technique de la MWP, sont accueillies favorablement, en raison de leur caractère structuré et officiel.

Perspectives 2026 

Pour 2026, une approche multidimensionnelle se dessine pour protéger les milieux aquatiques :

  • Subventions obtenues pour 2026-2027 : financement de caches à poissons (cages refuges, prototypes de palplanches) et de sites de reproduction (réserves naturelles accessibles, paniers végétalisés) pour offrir des zones de refuge et de reproduction aux espèces piscicoles.
  • Sélection de sites pilotes : une réunion du groupe de travail est prévue au premier trimestre 2026 pour identifier les sites qui seront équipés de dispositifs permettant de réduire la prédation exercée par les cormorans.

Si la problématique reste complexe et non résolue, les avancées enregistrées sont réelles et encourageantes. Les acteurs du secteur restent mobilisés, notamment dans l’attente d’un appel à projets FEAMPA (Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture) sur la biodiversité, qui pourrait offrir un levier supplémentaire pour identifier et mettre en œuvre les actions permettant de réduire la prédation exercée par les cormorans sur les cours d’eau wallons.