Création de zones d’habitats sur des secteurs de rivière en milieu urbain


Des aménagements visant à recréer de l’habitat pour les espèces aquatiques locales

En 2018, un projet de restauration d’habitat a été mené par la Maison Wallonne de la Pêche en partenariat avec la Fédération Halieutique et Piscicole du sous-bassin de la Haine et avec le soutien des cours d’eaux non navigables du district de Mons. Parmi les tronçons de rivière étudiés, la Trouille à Givry a retenu l’attention des responsables de la Maison wallonne de la pêche afin d’y réaliser des aménagements de types risbermes artificialisées. En effet, l’artificialisation des berges à cet endroit a réduit drastiquement l’habitat des espèces aquatiques locales en détruisant une grande partie des zones de refuge et d’alimentation de la faune aquatique.

 

 

Des risbermes artificialisés pour créer de nouvelles caches

Les aménagements portent sur l’installation de « risbermes artificialisés », constitués de plusieurs fascines végétalisées, fixées le long de la berge à l’aide de pattes métalliques. Des enrochements plats ont été également placés à intervalles réguliers sous les fascines de manière à créer des zones d’abris pour les poissons. Les fascines sont végétalisées par des plantes semi-aquatiques indigènes et locales dont l’appareil végétatif est totalement aérien et dont le système racinaire se développe dans un sol gorgé d’eau.

Le système racinaire présent sous les fascines apporte une protection supplémentaire pour les jeunes poissons face à d’éventuels prédateurs ainsi qu’un terrain de ponte idéal pour de nombreuses espèces de poissons, notamment pour le chevaine, le vairon, le gardon, ou encore la loche qui utilisent les racines et les plantes pour y déposer leur ponte. L’aménagement et les matériaux utilisés sont des éléments que l’on retrouve à l’état naturel dans nos cours d’eau, ils offrent donc de bonnes garanties quant à l’attractivité de l’aménagement pour l’ichtyofaune.

De nombreux impacts sur les milieux

En plus de recréer des caches, ce dispositif permet d’accueillir bon nombre d’espèces aquatiques. Des observations réalisées en 2014 sous des structures similaires installées en Basse-Meuse liégeoise ont permis de mettre en évidence l’intérêt d’un tel dispositif en termes d’habitats, de caches, de zone de développement et d’alimentations pour les alevins.

La comparaison de prélèvements de zooplanctons et de macroinvertébrés effectué en eau libre et à proximité des structures a permis de se rendre compte de la formation de véritables écosystèmes autour des structures. Celles-ci sont bénéfiques en termes de diversité et de quantités pour la faune en général et notamment pour les jeunes poissons qui fréquentent ces zones pour assurer leur alimentation. L’installation d’espèces végétales appartenant au groupe des hélophytes recréera un véritable milieu de vie pour les espèces piscicoles et, même si ces aménagements sont principalement axés sur des habitats à destination piscicoles, l’impact sera également positif pour de nombreuses espèces (flore aquatique, batraciens, libellules, avifaune, etc).

Ces aménagements contribueront également à améliorer l’esthétique de ces berges bétonnées. Enfin, le matériau constituant la fascine possède de grandes capacités d’épuration. Sa structure très dense contenue dans un filet synthétique permet la fixation des nutriments et polluants et réduit le développement des algues se nourrissant de phosphates ou nitrates.

Voir aussi :

→ Les gîtes de pêche
→ Le permis de pêche wallon
→ Podcast CIR
→ La pêche au féminin
→ L'hydroélectricité